RUINES DOMESTIQUES (2012)

Dans l’état de chantier les endroits vivent un moment sans mémoire et l’histoire de ses usages devient interrompue. Je voudrais bien d’autre parte conserver une trace de leur transformation, laquelle est une sorte d’index du moment où se trouvent ses contradictions, un espace de temps qui témoigne à la fois de son avant et de son après.

Ce qui m’intéresse c’est la possibilité de garder l’énergie de sa renaissance. Dans un premier moment, mon regard a été affecté par l’étrangeté d’avoir en face un espace qui ressemble au territoire des ruines. Dans ce sens, je pense à la dimension ambigüe d’un endroit qui se trouve entre sa condition de ruine et de renouvellement, entre la forme et la non forme. L’association entre chantier et ruine commence avec leurs aspects de monde détruit, de violence intrinsèque, de transgression ineffable. Cependant, dans le chantier il y a toujours des appareils, des machines, des spots de lumière et des matériaux crus ; fait qui le transforme en une sorte de ruine théâtralisée. Or, l’espace en tant que tel devient scénographie de possibles fictions.

Impression jet d’encre sur papier Hahnemühle, tirage d’archive.
film négatif couleur 4 x 5 inch.
104 x 130 cm.